5 ans de remarques sexistes à l’égard de Brigitte Macron ?

brigitte Macron« Napoléon, Macron, ils sont tous les deux gérontophiles. Eric Brunet, éditorialiste à RMC et BFM TV, a fait une énième plaisanterie sur la différence d’âge entre Brigitte et Emmanuel Macron. Sébastien Chenu, porte-parole du Front National, a été le seul sur le plateau à prendre la défense du polémiste. C’est dire ! Même Laurent Baffie, volontiers mordant, n’a pas apprécié la sortie d’Eric Brunet. De nombreux hommes politiques de premier plan ont une femme (beaucoup) plus jeune qu’eux. Cela passe complètement inaperçu et il est heureux qu’il en soit ainsi.

Mais, alors que la première dame a vingt-quatre ans de plus que son président de mari, cette différence d’âge a été mise en lumière, générant malheureusement des moqueries ou plaisanteries plus ou moins subtiles. Et faire ce type de remarques est sexiste.

Emmanuel Macron aura lors du prochain G8 face à lui un président américain qui a 24 ans de plus que sa femme. Un ministre de premier plan a une trentaine d’années de plus que sa femme. Ni l’un ni l’autre ne subissent les railleries que subissent Emmanuel et Brigitte Macron.

Notre société a visiblement fort à faire pour l’image de la femme. Il est mal vu qu’un homme gagne plus que sa femme, qu’un homme ait une position sociale moins avantageuse que sa femme et dans le cas qui nous préoccupe, qu’un homme soit plus jeune que sa femme.

Alors, la question est de savoir si nous allons subir pendant cinq ans les plaisanteries plus ou moins douteuses sur la différence d’âge entre Brigitte et Emmanuel Macron. Il est à espérer que non. Dans le cas contraire, le ministère du droit des femmes a de beau jours devant lui tant qu’on aura besoin d’un ministère afin d’assurer l’égalité des droits entre hommes et femmes.

Brigitte et Emmanuel Macron ont 24 ans d’écart ? Et alors ? Cela ne nous regarde pas. Sont-ils heureux ? Ça aussi, cela ne nous regarde pas…

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Wauquiez quitterait la région : et le repsect de la parole donnée ?

460x345_wauquiez-mediaSelon l’hebdomadaire Le Point, Laurent Wauquiez, député de la première circonscription de la Haute-Loire et Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, songerait à renoncer à la présidence de la Région en cas de victoire de Macron. En effet, il s’estime plus utile au Palais Bourbon si le candidat En Marche est élu le 7 mai.

J’ai eu l’occasion de déplorer sur ce blog que le président d’une région aussi vaste que l’Irlande et plus peuplée que la Bulgarie, à l’instar de Carole Delga, Alain Rousset, – qui sont avec Laurent Wauquiez les présidents des trois régions métropolitaines les plus vastes – ainsi que Bruno Retailleau ou Jean-Yves le Drian, conserve son mandat de parlementaire.

Mais ce n’est pas mon propos du jour. Cela me pose un problème qu’un élu de la République n’aille pas au bout de son mandat. Si les Auvergnats et les Rhônalpins ont élu Laurent Wauquiez à la Région, ce n’est pas pour qu’il lâche cette responsabilité après avoir accompli moins le quart de son mandat.

C’est d’autant plus consternant que Laurent Wauquiez n’en est pas à son coup d’essai. Maire sortant du Puy-en-Velay, il remporte les élections municipales de 2014. En décembre 2015, chef de file des républicains en Auvergne-Rhône-Alpes, il remporte les élections régionales et se fait élire dans la foulée président de cette nouvelle grande région. Député de la Haute-Loire, Maire du Puy et Président de Région, il est sommé par le principe de non-cumul des mandats de renoncer à un de ses mandats. Il décide de démissionner de la mairie après 671 jours de son second mandat.

Dans une période où la parole politique est souvent mis en doute, il pourrait paraître normal qu’un élu qui s’est engagé à accomplir un mandat, le remplisse jusqu’au bout. Les habitants de Valence avait eu la même surprise lorsqu’en 2004, leur maire, Patrick Labaune, avait renoncé à mi-mandat à son mandat de maire pour siéger comme conseiller régional d’opposition où il a brillé par sa discrétion.

L’opinion déplore suffisamment que ses élus sont des professionnels de la politique. Voir ces élus disposer de leur(s) mandat(s) comme bon leur semble ne va pas améliorer le jugement qu’on porte sur notre classe politique…

 

 

Présidents de Région : le cumul des mandats…encore

Au mois de décembre 2015, nous étions appelés à voter pour élire nos conseillers régionaux. Pour ces élections, changement de taille, nous sommes passés de 22 à 13 régions. Ces nouvelles régions immenses font, par exemple, de la région Auvergne-Rhône-Alpes, une région aussi vaste que la Bavière, le Länder le plus vaste d’Allemagne. On pourrait donc penser que ceux qui sont appelés à diriger ces immenses collectivités locales vont devoir se consacrer pleinement à leur  tâche de président de région. Il n’en est rien. De nombreux présidents régions ont clairement annoncé que tant que la loi ne les y obligent, ils cumuleront leur présidence avec un mandat de parlementaire ou de ministre.

Le cas Le Drian

Depuis Lionel Jospin premier ministre, chaque chef de gouvernement ne permettait plus de cumuler une fonctions de ministres avec la responsabilités d’ exécutifs locaux. Se conformant à cet usage, à leur nomination au gouvernement, Marisol Touraine et André Vallini ont donc renoncé à la présidence de leurs conseils généraux respectifs, l’Indre-et-Loire et l’Isère.

Or, le dimanche du second tour des élections régionales, on apprenait que Jean-Yves le Drian, fraîchement élu à la présidence de la région Bretagne, resterait au gouvernement. Manuel Valls et François Hollande ont donc considéré qu’on pouvait être tout à la fois Président d’une grande Région – plus peuplée que la Lituanie, grande comme l’Albanie – et Ministre du gouvernement. Pourtant dans sa célèbre anaphore « Moi président », François Hollande annonçait le contraire :

Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.

François Hollande, lors du débat télévisé de l’entre-deux-tours face à Nicolas Sarkozy

On peut raisonnablement se demander comment on peut occuper une fonction régalienne au gouvernement et présider une région française.

Pour trois présidents de région, Philippe Richert (Les Républicains), en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Marie-Guite Dufay (Parti Socialiste), en Bourgogne-Franche-Comté, et François Bonneau (Parti Socialiste), en Centre-Val de Loire, la question ne se pose pas. Leur mandat au conseil régional est leur seul mandat. Pour les autres, si certains ont clairement exprimé leur intention de démissionner de leur mandat de parlementaire – Xavier Bertrand en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Valérie Pécresse en Ile-de-France et Christian Estrosi en Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’autres conserveront leur mandat de parlementaire.

Laurent Wauquiez, au moment de son élection à la présidence de Rhône-Alpes-Auvergne, était député de Haute-Loire et maire du Puy-en-Velay. Il a donc dû faire un choix  et a donc abandonné son mandat de premier magistrat. Il a néanmoins conservé son mandat de parlementaire. Nous avons eu le droit au sempiternel « Je reste député pour faire avancer à Paris les dossiers de ma région ».

Un argument que ceux qui prononcent cette phrase sont les seuls à croire. Carole Delga, députée de Haute-Garonne et présidente socialiste de Languedoc-Roussillon-Midi Pyrénées, Alain Rousset, député de Gironde et président PS de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, et Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président Les Républicains de la Région Pays de la Loire, resteront parlementaires. Le dernier cité restera également président du groupe Les Républicains de la Haute Assemblée.

A force d’entendre l’éternel « Faire de la politique autrement », il y a fort à parier que la participation aux prochaines consultations électorales sera faible. Nous sommes beaucoup à nous être détournés de la politique à force d’entendre les phrases toutes faites comme « Nous avons compris le message des électeurs », « Il faut entendre le message qui nous a été envoyés par les français » et ne rien voir de concret ensuite. Le cumul des mandats est un sport national français. Nos élus cultivent un « entre-soi » qui les détournent petit à petit de ceux qui les ont désignés.

En 2017, la loi sur le cumul des mandats permettront enfin d’empêcher cette aberration. Vivement 2017 !

L’image des politiques : l’exemple des « Nuits de Fourvière »

IMG_20150716_204218Le 16 juillet dernier, je me suis rendu au Théâtre Romain de Fourvière pour le concert de la chanteuse folk américaine Joan Baez. A mon arrivée sur place, j’ai constaté qu’un nombre conséquent de place étaient réservées et donc, pas disponibles pour le grand public. Cinq minutes avant le début du concert, nous avons assisté à l’arrivée  massive des occupants des places réservées sont arrivés. J’y ai reconnu de nombreux élus que j’ai pu côtoyer pendant 20 ans au Parti Socialiste. Une sénatrice socialiste, des maires d’arrondissement socialistes, le maire de Caluire, des conseillers régionaux, l’ancien maire d’une commune de l’est lyonnais. Mes voisins de place n’ont pas lésiné sur les commentaires. La classe politique en a pris pour son grade et a été habillée pour l’hiver.

Que les Nuits de Fourvière invitent des élus de la Métropole, du Conseil Départemental du Rhône, du Conseil Régional Rhône Alpes ou du Sytral ne me choque pas. Mais ce qui m’a posé problème c’est le côté ostentatoire de ces privilèges dont dispose nos élus et son ampleur : une quinzaine de rang sur lesquels ont pris place quinze personnes, soit plus de 200 invités, une partie importante de la capacité de ce théâtre et une arrivée peu discrète.

Quand je m’en suis ému sur Facebook, je me suis entendu dire que, sans ces personnes, le prix du billet serait beaucoup plus élevés. C’est vrai. Effectivement, sans les subventions de la métropole, du conseil général (37 %), de la Région, des entreprise, etc…, le prix du billet serait inaccessible pour beaucoup d’entre nous. Certes, je pourrais également blâmer ces entreprises mécènes qui bénéficient de places V.I.P. Mais au contraire des élus, les invités entreprises ne sont pas identifiés comme tels. Les élus des différentes collectivités locales, eux sont clairement identifiés. Des commentaires rappelait que pour ces élus, ils n’avaient que voter ces subventions. Les autres, militants socialistes à Lyon ou Villeurbanne, n’y voyait rien de choquant. L’un d’entre eux a même parlé de « mauvaise langue ».

J’ai été engagé en politique pendant une vingtaine d’années mais j’ai fini par me détourner de la politique car certains aspects de la classe politique me posaient problème. Je ne suis pas prompt à critiquer à la classe politique mais cet épisode dépassait pour moi l’entendement. L’image de notre classe politique étant largement entamée, je suis convaincu que ce que j’ai vécu ce 16 juillet, a apporté de l’eau au moulin de ceux qui ne croient plus en la classe politique et qui ne se rendent plus dans leur bureau de vote…

Capture d’écran : la malhonneté des réseaux sociaux

reseauJ’ai vu passer sur le réseau social Facebook une photo où on peut voir Najat Vallaud-Belkacem à l’assemblée nationale. Sur cette photo, elle a les yeux fermés. Évidemment ses détracteurs s’en sont donné à cœur-joie. La photo précise le salaire -plus que confortable – de la ministre sous-entendant que la ministre est payée à faire la sieste. Un commentaire d’une internaute en rajoute une couche en se fendant d’un commentaire raciste.

NVB

Que cette personne n’aie aucune sympathie pour le président de la république, pour le gouvernement ou pour le parti socialiste, que cette personne n’apprécie pas notre actuelle ministre de l’éducation, que cette personne soit opposée à la réforme des rythmes scolaires, que cette personne ait des amis racistes, c’est son droit.  Qui est capable de dire combien de temps Najat Vallaud-Belkacem a fermé les yeux ? Cinq secondes ou deux heures ? En cherchant bien dans les archives de La Chaine Parlementaire, on aura certainement la réponse. Mais le procédé est d’une malhonnêteté sans nom. Une capture d’écran suffit à donner libre cours à des relents poujadistes ou racistes.

Il est normal que le gouvernement soit critiqué sur les réseaux sociaux. Je dirais même qu’il est salutaire qu’il en soit ainsi. Je ne m’en suis moi-même pas privé au cours des cinq années qui ont précédé l’arrivée de François Hollande à la magistrature suprême. Mais le développement des réseaux sociaux n’a fait qu’amplifier le bashing dont sont victimes le président, le gouvernement ou la Gauche.

Je pense qu’il y a tellement d’autre moyens de critiquer la politique du gouvernement, alors autant le faire avec justesse et intelligence…

Elections des vice-présidents au Grand Lyon : la question du cumul des mandats, le cas Hélène Geoffroy

La photo d’Hélène Geoffroy sur le site de l’assemblée nationale ©Assemblée Nationale

Les élus au Grand Lyon, assemblée la communauté urbaine de Lyon ont procédé à l’élection des vice-présidents, exécutif de cette assemblée. Je me demande encore comment on peut cumuler un mandat de maire de la troisième ville de France, président de la communauté urbaine de la deuxième agglomération de France et sénateur mais concernant la position de Gérard Collomb sur le cumul des mandats, j’ai perdu espoir qu’il infléchisse sa position.

Et puis, il y a le cas d’Hélène Geoffroy. Il reste peu de mandats ou fonctions à laquelle elle n’a pas été candidate :

2008 : candidate tête de liste PS aux municipales à Vaulx-en-Velin. Elle est battue.

2009 : un temps candidate à la responsabilité de première fédérale au titre de la motion E. Elle obtiendra la présidence du conseil fédéral qu’elle détient toujours puisqu’elle préside le conseil fédéral du 28 avril. Elle devient également secrétaire de section de Vaulx-en-Velin, qu’elle est toujours…

2011 : Elle est réélue conseillère générale du canton de Vaulx-en-Velin

2012 : Elle est élue députée de la 7ème circonscription du Rhône. Son suppléant, Stéphane Gomez, la remplace au conseil général. Il souligne qu’Hélène Geoffroy a mis ses propos en conformité avec ses actes. Or, elle n’a fait que se conformer à la loi qui empêche une personne d’être parlementaire, conseiller(e) municipal(e) et conseiller(e) générale.  La même année, le congrès du PS lui permet de conserver ses fonctions fédérales et au niveau de la section. Elle devient en plus secrétaire nationale du PS, chargé de la lutte contre l’exclusion.

2014 : Elle est élue maire de Vaulx-en-Velin puis 10ème vice-présidente du Grand Lyon.

Certes, l’ascension d’Hélène Geoffroy a permis de montrer que le Parti Socialiste se féminisait, se rajeunissait et permettait l’émergence de personne issus de la diversité, comme on dit pudiquement. Au-delà de ça, ce cas qu’on est en droit de considérer comme caricatural démontre à quel point la politique est gangréné par ces personnes qui vivent de la politique  – ce qui n’est pas choquant  – mais dont l’ambition a conduit à se rendre indispensable dans leur terre d’élection et qui permet difficilement  l’émergence de nouveaux talents. Comment voulez-vous que des militants ne se détournent pas de la politique ?

On est en droit de déplorer qu’un parti comme le Parti Socialiste est incapable d’imposer à ses élus une règle stricte permettant une limitation du cumul des mandats. Nous sommes dans une époque ou le politique est souvent décrié. Les dernières élections municipales ont montré qu’il y avait une sévère fracture entre les français et leur classe politiques. Des taux d’abstention record ont été constatés. La palme revenant à une ville du Rhône,….Vaulx-en-Velin. Tiens, tiens…..