Polémique sur Pétain : la France n’a pas réglé ses comptes avec l’Histoire

petainLe président de la République, Emmanuel Macron, a entamé la semaine de commémoration du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Avant d’ouvrir le conseil des ministres décentralisé à Charleville-Mézières (Ardennes), le président de la République a rendu hommage au généraux de la Grande Guerre. Y compris le général Pétain (il ne sera élevé à la distinction de Maréchal que le 21 novembre 1918).

 

 

Je n’occulte aucune page de l’histoire. Il a été, pendant la Première guerre mondiale, un grand soldat, c’est une réalité. La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire. On peut avoir été un grand soldat et avoir conduit à des choix funestes durant la Deuxième.

Emmanuel Macron à propos du Maréchal Pétain

Autant effectivement, le général Pétain s’est illustré durant la première guerre mondiale, autant je me range aux propos de Laurent Fabius qui  considère que lorsque l’on juge un homme, on le fait sur l’ensemble de sa vie. Cet homme a commis l’irréparable. Même si, pour avoir un jugement objectif, il est important de faire abstraction de son vécu, je ne peux faire totalement abstraction de ma judéité. Le maréchal Pétain a participé, en collaborant avec l’ennemi, à la tentative d’annihilation du peuple juif.

montoire

Comme disait André Kaspi, historien :

Le Pétain collaborateur de 1940-1944 n’a pu égarer les Français et en convaincre bon nombre de le suivre que parce qu’il bénéficiait du prestige du Pétain de 1914-1918. L’un n’aurait pas existé sans l’autre.

André Kaspi, 1990

Bien sûr, on pourra m’objecter que les présidents successifs de la 5ème république ont honoré chacun à leur manière la tombe mais force est de constater que cette péripétie constitue une erreur de communication. La France n’ayant pas encore réglé ses comptes avec l’histoire, on n’a pas encore fini de polémiquer sur la question de cette sombre période de l’histoire.

Publicités

C’était le 1er mars 1943 à Villeurbanne

square-deportesLe 1er Mars n’est pas une date comme les autres à Villeurbanne. C’est en effet un jour de commémoration et de recueillement. En effet, le 1er Mars 1943, 300 hommes ont été raflés puis déportés vers le camp de concentration de Mathausen.

Pendant l’Occupation, les hommes ont été soumis au S.T.O. par l’occupant nazi. En région lyonnaise, cette obligation d’aller travailler en Allemagne faisait l’objet d’incidents de la part de réfractaires.

En réponse à ces incidents, des soldats de la Wehrmacht aidé par la Milice française boucle un quartier allant de la Place Grandclément jusqu’au cours Émile Zola (au niveau de l’actuelle station Flachet). Trois cents hommes de 16 à 60 ans sont arrêtés puis parqués au Café Jacob, à l’angle de la place Grandclément et du Boulevard Eugène Réguillon.

vign_sur-la-place-grandclement-le-cafe-jacob-marque-d-une-croix
Le Café Jacob où les hommes ont été rassemblés est marqué d’une croix rouge

120 hommes sont libérés. Les 180 autres sont parqués dans la cours du pensionnat de l’Immaculée Conception. Puis, c’est au départ de la Gare de Villeurbanne voisine qu’ils sont dirigés vers les Camps d’internements français. Les sources divergent. Selon certaines sources, les prisonniers sont dirigés vers Drancy et Pithiviers. Pour d’autres, c’est vers Compiègne qu’il transiteront. Plus tard, ils seront déportés vers les Camps de Concentration nazis de Buchenwald, Dachau et Mathausen.

De ces 180 déportés, seuls 63 hommes reviendront de l’enfer de la Déportation. 15 mourront dans les mois qui suivirent leur retour.

En 2003, la municipalité de Villeurbanne fera poser une plaque commémorative à la Gare de Villeurbanne.

gare de villeurbanneplaque commemorative

En cet année de commémoration de la victoire des Alliés contre la barbarie nazie, il convient de ne pas les oublier.