Bruno Bonnell : au boulot ?

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Le journal Capital a publié le classement de l’activité des députés. 572 députés ont donc été sondés selon plusieurs critères : présences en commission, interventions en commission, interventions dans l’hémicycle, et le nombre d’amendements proposés. Le bilan des députés du Rhône n’est guère reluisant. Si Anne Brugnera tire son épingle du jeu (146ème), beaucoup de députés rhodaniens sont dans le ventre mou et deux députés sont au-delà de la 550 place. La palme revient à Bruno Bonnell, député de Villeurbanne, classé antépénultième de ce classement. 

Quand on va sur le site de ce député, on peut y lire :

 

« La première responsabilité du député est de voter le cadre législatif français. Il a des obligations de travail en commission, d’auditions et de présence dans l’hémicycle, particulièrement intense dans cette première partie de mandature où de nombreuses lois transformatrices sont en discussion. »

Il semblerait que Bruno Bonnell soit passé outre cette responsabilité. Un comble pour celui qui prétendait « mettre le bordel à l’assemblée ». De plus, le député de la 6ème circonscription a selon son site internet orienté son mandant sur trois axes : l’emploi, la sécurité et le handicap. Ce sont des sujets éminemment importants et qui méritent que notre député se penche sur cette question. Pour autant, on est en droit de s’étonner que Bruno Bonnell ait choisi la commission des affaires étrangères qui ne traite d’aucun des thèmes qu’il privilégie. Ceci expliquerait donc que Bruno Bonnell n’ait honoré cette commission qu’à 16 reprises en 6 mois et n’y soit intervenu qu’une seule et unique fois…

Il est cocasse de se souvenir qu’en août 2017, Bruno Bonnell a émis la proposition de permettre aux députés de voter à distance pour être plus présents en circonscription. Il semblerait donc que notre député ait préféré passer du temps dans notre belle ville de Villeurbanne.

Il semblerait que Bruno Bonnell fassent partie de ces députés qui trouvent que le rythme imposé aux députés soit un peu élevé… Il déclare effectivement « A Noël, il va y avoir beaucoup d’ultimatums familiaux, genre ‘si tu y retournes, je te quitte’. On va avoir des surprises en janvier. Il y a un conflit entre la vie familiale et la politique telle qu’elle est conçue aujourd’hui. ». Y’a eu un ultimatum entre son adversaire aux législatives, Najat Vallaud-Belkacem et son mari Boris Vallaud, classé 14ème de ce classement ?

En juin 2017, sur le plateau de TLM, lors du débat de l’entre-deux-tours, Bruno Bonnell n’était pas en mesure de donner une mesure qu’il défendrait s’il était élu le dimanche suivant. On voit que l’inspiration n’est toujours pas venue depuis son élection…

 

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Merci Najat

IMG_1577Bien sûr, comme beaucoup d’entre nous, tu dois être extrêmement déçue. Mais, si cruelle est la défaite, elle est annonciatrice du début de quelque chose. Comme le disait René Char « Le réel quelquefois désaltère l’espérance, c’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit ».

Merci Najat de nous avoir transmis ta combativité que personnellement je n’avais constaté que par médias interposées. J’ai pu la constater de visu lorsque tu es allée au contact des villeurbannais. De combativité tu avais besoin, tant l’adversité a été forte pendant cette élections. Adversité de par le nombre des candidats, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, en passant par le parti chrétien-démocrate ou le parti animaliste qui espérait attirer l’électeur avec la photo d’un petit chat. Adversité tant ta forte personnalité était clivante. Nous t’avons logiquement épargné les propos insultants que nous entendions sur les marchés ou sur les affiches. Adversité à gauche tant le candidat de la France Insoumise et ses militants relayait la stratégie nationale qui constater à « bouffer » du socialiste.

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Merci de nous avoir facilité la tâche en étant un cran au-dessus des autres candidats lors des débats dans les médias. Tu as fait face à un candidat qui n’avait aucune idée de la loi qu’il souhaitait mettre en place si il était élu et dont le titre de gloire est d’avoir déjà licencié des salariés. Un autre n’avait de programme que le livre publié par son mouvement. Une autre n’avait même pas le soutien de son parti ce qui n’a pas empêché son chef de parti de fanfaronner une fois annoncé ta défaite.

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Merci d’avoir, à tout moment, rendu hommage aux petites mains qui ont participé à leur campagne. Tu as reconnu que si les militants ne sont rien sans candidat pour les porter, un candidat n’est rien sans militant pour défendre sa candidature, pour coller des affiches (jusqu’à 23 h 55 le vendredi précédent le scrutin), pour boiter, etc….

Merci enfin de nous laisser entrevoir des lendemains meilleurs qu’aujourd’hui ce qui, force est de constater, ne sera pas difficile. Nous comptons sur toi pour prendre ta part dans ce qui sera l’avenir de ce qui fait le ciment de nos convictions. Des convictions dont tu as fait preuve, chevillée au corps.

Je tenais également à associer à ces remerciements Didier Vullierme, ton suppléant, qui s’est dépensé sans compter à tes côtés.

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Je voterai Najat Vallaud-Belkacem

NVB-fondecranDimanche prochain aura lieu les élections législatives. Même si j’ai quitté il y a quelques années le Parti Socialiste par lassitude et par certaines pratiques, j’ai décidé de m’engager dans la campagne de la candidate socialiste Najat Vallaud-Belkacem.

Je dois vous concéder qu’au début de la carrière politique de Najat Vallaud-Belkacem, j’étais non pas sceptique mais je demandais à être convaincu. Au fur et à mesure de son parcours mes doutes se sont estompés.

Et puis, dans mon activité de blogueur, j’ai eu à prendre la défense de Najat Vallaud-Belkacem. Il faut d’ailleurs que vous sachiez que lorsque vous appréciez NVB, il vaut mieux ne pas regarder ce qu’on dit sur elle sur les réseaux sociaux. Elle est particulièrement clivante. Ceux qui ne l’aiment la détestent vraiment. Je ne compte plus les insultes sexistes et/ou racistes.

Et je l’ai récemment rencontré à l’occasion de tractage sur les marchés villeurbannais. J’ai pu mesurer sa force de conviction, le contact facile dont elle fait preuve. Sans compter l’énergie dont elle fait preuve. Une énergie dont elle a bien besoin pour réexpliquer les mesures qu’elle a prises en tant que ministre de l’éducation nationale visiblement mal comprises. Le tout entre deux selfies…

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De plus, ses adversaires sont – certes nombreux (18) – mais objectivement un ton en-dessous de Najat. Les débats télévisés (TLM ou France 3) l’ont montré.

Bruno Bonnell, favori des sondages grâce à la Macromania, se revendique de la société civile. Très médiatisé via son entreprise Infogrames, il a fait fortune dans les jeux vidéos. Comme son mentor Emmanuel Macron, il est visiblement difficile d’émettre une critique à son égard sans s’attirer les foudres de ses partisans. Ses prestations lors des différents débats médiatiques ne m’ont pas bouleversé. La candidate LR/UDI, Emmanuelle Haziza, n’est pas soutenu par les responsables LR de Villeurbanne. Et pourtant, elle en aurait bien besoin, vu son côté un peu effacé. De plus, elle a une élocution hésitante, un comble pour une avocate. Le candidat de la France Insoumise, qui a aussi peu de prestance que son adversaire LR, a comme unique argument de campagne, « l’avenir en commun », le livre-programme de Jean-Luc Mélenchon. Il y a également le candidat FN, qui, au-delà de de ses opinions, est fantasque – euphémisme – et s’était fait remarquer il y a quelques années par des caricatures racistes. Il y a beaucoup d’autres candidats représentant un large panel  de l’échiquier politique : EELV, Debout La France, un candidat DVD soutenu par le PCD, Lutte Ouvrière, etc…

Je ne terminerai pas ce billet sans un mot sur le suppléant de Najat Vallaud-Belkacem, Didier Vullierme, un ami de longue date qui est un allié précieux pour notre candidate dans cette campagne.

Alors, les 11 et 18 juin 2017, je voterai Najat Vallaud-Belkacem

 

Mais qui va garder les enfants ?

En 2007, Laurent Fabius avait fort peu élégamment posé la question à propos de Ségolène Royal lorsque cette dernière avait annoncé sa candidature à l’investiture socialiste en vue des présidentielles de 2007. Il avait fait l’unanimité contre lui. C’était malheureusement un exemple parmi tant d’autres du sexisme en politique.

Or ce 30 décembre 2016, le responsable Les Républicains à Villeurbanne a posé la même question cette fois à propos de Najat Vallaud-Belkacem. Boris Vallaud investi dans les Landes, son épouse Najat dans la 6ème circonscription du Rhône, Jean-Wilfried Martin, le discret et peu charismatique élu LR a cru intelligent de poser la question « Mais qui va garder les enfants ? ».

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Dès lors, il y a deux possibilités, laisser cet individu dans l’anonymat dans lequel il aurait dû rester ou alors se dire que c’est le genre de propos à ne pas laisser passer. Il m’a paru important de dénoncer ce genre d’attitude.Il y a fort à parier que Jean-Wilfried Martin n’aurait jamais posé la question si le candidat aux législatives à Villeurbanne avait été un homme. Mais il est vraisemblablement important de faire parler de la droite villeurbannaise qui est plutôt discrète en dehors des questions de sécurité et leur position en faveur de la vidéosurveillance.

Pour en revenir à la misogynie en politique, on se souvient des séquences qui donnent une piètre image de la politique comme la réaction de certains hommes lors de l’apparition de Cécile Duflot en robe à l’assemblée nationale. Je pense me faire le porte-parole de nombreux représentant de la gent masculines en disant que je ne parviens pas à m’habituer à ce type de comportement. Nous sommes au XXIème siècle et on est en droit de penser que ce type de comportement  devant les caméras des chaines parlementaires est légitimé devant ceux qui assistent à ce spectacle pitoyable. Et si de tels comportements sont répétés au niveau local, on est en droit de penser que la confiance des français à l’égard de notre personnel politique, déjà bien entamée, va s’effondrer.

La campagne électorale pour les législatives ne fait que commencer. Visiblement, elle démarre de bien mauvaise façon. Pour l’instant, ce tweet misogyne de Jean-Wilfried s’apparente plus aux propos que peut tenir un vieil oncle libidineux qui a consommé plus que de raison de l’apéritif anisé. Il est encore temps de relever le niveau. Mais vu que la candidate, ministre de l’éducation nationale, incarne plus que tout candidat socialiste rhôdanien le bilan du gouvernement sortant, on est en droit de penser que Najat Vallaud-Belkacem va avoir fort à faire au cours des prochains mois.

 

 

 

 

La parole sans filtre sur le Net : le cas de Najat Vallaud-Belkacem

nvb1Je me suis retrouvé ce matin au milieu d’une conversation sur le réseau social Facebook. J’ai commenté une publication du site internet « Le Monde Juif », site communautariste. L’article de ce site considérait comme offensants les propos de Najat Vallaud-Belkacem, qui déclarait que les enfants morts lors de l’attentat de Nice était les premiers enfants morts lors d’un attentat. Le fait de ne pas avoir cité les enfants tués par Mohamed Merah à l’école Ozar Hatorah était selon ce site inadmissible.

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J’ai commencé à lire les commentaires de cette publication. Mal m’en a pris ! J’ai été abasourdi par ce déferlement de haine à l’égard de la ministre de l’éducation nationale. Des insultes que mon éducation m’empêche de citer ici était des insultes liées au fait qu’elle est une femme, de confession musulmane, et socialiste.

Autant on peut penser qu’effectivement NVB aurait pu citer les enfants morts sous les balles de Mohamed Merah, autant rien, absolument rien ne justifie les monceaux de haine que j’ai pu lire. Je conçois qu’on puisse ne pas aimer quelqu’un et de ce fait tenir des propos haineux à son égard.

Ce n’est pas la vision que j’ai du débat démocratique. Je vous accorde, la classe politique a quelques spécimens peu reluisants qui ne grandisse pas le fait de servir les français.

Najat Vallaud Belkacem ne mérite pas le traitement qu’elle subit sur les réseaux sociaux. Il y a quelque temps, j’ai publié un billet où des internautes commentaient une photo où on voyait Najat Vallaud Belkacem les yeux fermés sur les bancs de l’Assemblée Nationale. On y voyait des commentaires poujadistes et racistes. Depuis le développement des réseaux sociaux et l’immédiateté de l’information, la parole s’est libérée. Et on assiste à tout et n’importe quoi sur le net.

Alors que faire ? Soit intervenir car il y a des choses qu’il ne faut pas laisser passer ou intervenir et risquer de subir les mêmes insultes. Dans ce cas précis, je me suis entendu dire que c’est à cause de gens comme moi que six millions de juifs sont morts dans les camps de concentration nazis. La question est sans réponse satisafaisante…

Capture d’écran : la malhonneté des réseaux sociaux

reseauJ’ai vu passer sur le réseau social Facebook une photo où on peut voir Najat Vallaud-Belkacem à l’assemblée nationale. Sur cette photo, elle a les yeux fermés. Évidemment ses détracteurs s’en sont donné à cœur-joie. La photo précise le salaire -plus que confortable – de la ministre sous-entendant que la ministre est payée à faire la sieste. Un commentaire d’une internaute en rajoute une couche en se fendant d’un commentaire raciste.

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Que cette personne n’aie aucune sympathie pour le président de la république, pour le gouvernement ou pour le parti socialiste, que cette personne n’apprécie pas notre actuelle ministre de l’éducation, que cette personne soit opposée à la réforme des rythmes scolaires, que cette personne ait des amis racistes, c’est son droit.  Qui est capable de dire combien de temps Najat Vallaud-Belkacem a fermé les yeux ? Cinq secondes ou deux heures ? En cherchant bien dans les archives de La Chaine Parlementaire, on aura certainement la réponse. Mais le procédé est d’une malhonnêteté sans nom. Une capture d’écran suffit à donner libre cours à des relents poujadistes ou racistes.

Il est normal que le gouvernement soit critiqué sur les réseaux sociaux. Je dirais même qu’il est salutaire qu’il en soit ainsi. Je ne m’en suis moi-même pas privé au cours des cinq années qui ont précédé l’arrivée de François Hollande à la magistrature suprême. Mais le développement des réseaux sociaux n’a fait qu’amplifier le bashing dont sont victimes le président, le gouvernement ou la Gauche.

Je pense qu’il y a tellement d’autre moyens de critiquer la politique du gouvernement, alors autant le faire avec justesse et intelligence…