Lettre ouverte à Jean Paul Regnault, membre Les Républicains de Villeurbanne

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Image Lyon Mag

Monsieur Regnault,

Je lis vos publications sur le réseau social Facebook. Vos opinions politiques sont opposées aux miennes, ce qui est l’exercice normal de la démocratie. Je comprends aujourd’hui que vous n’ayiez pas pour Macron une immense sympathie. Mais je considère qu’aujourd’hui, vous avez franchi la ligne jaune. Voici l’objet de ma colère :

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Vous avez publié ce dessin à 14 h ce mardi 25 avril 2017. Trois heures avant, le président de la république, le premier ministre, le ministre de l’intérieur et de nombreux membres de corps constitués ont prononcé un hommage vibrant à ce policier qui a donné sa vie pour protéger des gens comme vous et moi.

Je suis glacé d’effroi par le fait que vous n’ayiez pas imaginé que le jour n’était pas le moment le mieux choisi pour faire ce genre d’humour. Emmanuel Macron et d’autres responsables politiques ont eu la dignité que vous n’avez pas eu en publiant ce dessin sur votre mur Facebook. Parmi eux figurait de nombreux élus de votre formation politique :  Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher,…

Je veux bien comprendre que l’heure est à la campagne électorale. Pour avoir milité pendant de nombreuses années dans un parti politique dont quelques années à Villeurbanne, je sais que le combat politique est parfois rude et que tout est sujet au débat démocratique.

Mais il y a des moments où le débat démocratique doit faire une pause. L’hommage de toute une nation à ce policier mort dans l’exercice de son devoir méritait autre chose que ce dessin à l’humour douteux. Vous qui avez été candidat pour l’UMP à des élections locales ne pouvez pas l’ignorer. Vous me répondrez surement par la célèbre phrase de Pierre Desproges – On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui – mais les circonstances de cette journée solennelle faisait que, selon moi, nous devions tous être à la hauteur de cette homme qui d’une manière sacerdotal a donné sa vie pour notre sécurité.

Permettez-moi de vous dire qu’aujourd’hui, vous avez été en dessous de tout.

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L’indécence de nos politiques : l’exemple d’Henri Guaino et de Gérard Collomb

Récemment, deux hommes politiques se sont publiquement plaint à propos de leur revenus. Le premier, député de la troisième circonscription des Yvelines, considère qu’il ne peut pas mettre d’argent de côté avec des revenus de 5100 € par mois. Le deuxième, Gérard Collomb, sénateur du Rhône et maire de Lyon, affirme vivre un « cauchemar » depuis que ses revenus ont été réduits à 4000 € suite à une sanction due à son absentéisme.

Libre à eux de considérer que ses revenus sont insuffisants mais le dire publiquement dépasse les limites de l’indécence. Dans un pays où 10 % de la population est sans emploi et / ou vit sous le seuil de pauvreté. Depuis des décennies, le fossé entre les français et leur classe politique n’a fait que se creuser. Et ce n’est pas avec des propos pareils que la tendance va s’inverser.

Les parlementaires bénéficient d’avantages conséquents, que ce soit, par exemple pour le transport ou le logement. Loin de moi l’idée de dénoncer les avantages liés à leur fonction. Il y a des frais liés à l’activité de parlementaire. Ces gens œuvrent pour le bien public et ceci a un coût.

Je ne demande pas à Henri Guaino ou Gérard Collomb de se prolétariser afin de se rapprocher du peuple mais il y a des choses à ne pas dire. On attend de nos politiques qu’ils comprennent les préoccupations des plus démunis d’entre nous. Parmi ces plus démunis, un certain nombre a le même que Gérard Collomb, qui aura 70 ans en juin prochain, c’est à dire un âge auquel on est souvent retraité. Alors quand un député gagnant 5100 € par mois se dit incapable de mettre de l’argent de côté, ou quand un autre dit vivre un cauchemar avec 4000 € par mois, ou encore quand un député – président de région considère comme assistés des gens qui bénéficient de la CMU, c’est à dire des gens ayant moins de 720 € / mois, on se dit qu’on ne vit pas dans le même monde…

Mais qui va garder les enfants ?

En 2007, Laurent Fabius avait fort peu élégamment posé la question à propos de Ségolène Royal lorsque cette dernière avait annoncé sa candidature à l’investiture socialiste en vue des présidentielles de 2007. Il avait fait l’unanimité contre lui. C’était malheureusement un exemple parmi tant d’autres du sexisme en politique.

Or ce 30 décembre 2016, le responsable Les Républicains à Villeurbanne a posé la même question cette fois à propos de Najat Vallaud-Belkacem. Boris Vallaud investi dans les Landes, son épouse Najat dans la 6ème circonscription du Rhône, Jean-Wilfried Martin, le discret et peu charismatique élu LR a cru intelligent de poser la question « Mais qui va garder les enfants ? ».

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Dès lors, il y a deux possibilités, laisser cet individu dans l’anonymat dans lequel il aurait dû rester ou alors se dire que c’est le genre de propos à ne pas laisser passer. Il m’a paru important de dénoncer ce genre d’attitude.Il y a fort à parier que Jean-Wilfried Martin n’aurait jamais posé la question si le candidat aux législatives à Villeurbanne avait été un homme. Mais il est vraisemblablement important de faire parler de la droite villeurbannaise qui est plutôt discrète en dehors des questions de sécurité et leur position en faveur de la vidéosurveillance.

Pour en revenir à la misogynie en politique, on se souvient des séquences qui donnent une piètre image de la politique comme la réaction de certains hommes lors de l’apparition de Cécile Duflot en robe à l’assemblée nationale. Je pense me faire le porte-parole de nombreux représentant de la gent masculines en disant que je ne parviens pas à m’habituer à ce type de comportement. Nous sommes au XXIème siècle et on est en droit de penser que ce type de comportement  devant les caméras des chaines parlementaires est légitimé devant ceux qui assistent à ce spectacle pitoyable. Et si de tels comportements sont répétés au niveau local, on est en droit de penser que la confiance des français à l’égard de notre personnel politique, déjà bien entamée, va s’effondrer.

La campagne électorale pour les législatives ne fait que commencer. Visiblement, elle démarre de bien mauvaise façon. Pour l’instant, ce tweet misogyne de Jean-Wilfried s’apparente plus aux propos que peut tenir un vieil oncle libidineux qui a consommé plus que de raison de l’apéritif anisé. Il est encore temps de relever le niveau. Mais vu que la candidate, ministre de l’éducation nationale, incarne plus que tout candidat socialiste rhôdanien le bilan du gouvernement sortant, on est en droit de penser que Najat Vallaud-Belkacem va avoir fort à faire au cours des prochains mois.

 

 

 

 

La fonction présidentielle, le retour

Les républicains nous ressortent l’argument de la sacro-sainte fonction présidentielle prétendument saccagée par François Hollande. Bruno Le Maire, invité de Jean-Pierre Elkabbach, a déclaré qu’il n’avait aucun respect pour François Hollande, coupable selon lui d’avoir humilié la France. Il ne s’agit pas ici de faire le bilan du quinquennat, la campagne électorale s’en chargera au cours des prochains mois.

Mais les candidats à la primaire de la droite et du centre ou du président par intérim-député de la Haute-Loire-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, vraisemblablement à cours d’arguments, ont cru bon s’attaquer personnellement à François Hollande. Autant je ne m’offusque pas que Bruno Le Maire ou Laurent Wauquiez s’en prenne à François Hollande, autant c’est sur la méthode que je trouve à redire.

Laurent Wauquiez recevait Gérard Larcher, président du Sénat et donc deuxième personnage de l’état, à Montfaucon en Velay. Il a cru pouvoir faire rire son auditoire en évoquant la possibilité qu’en cas de décès de François Hollande, c’est Gérard Larcher, qui, selon la constitution, deviendrait président de la république et que ce serait « une bonne affaire pour la France…

« S’il arrive quelque chose à François Hollande, vous seriez le nouveau président de la République, ce qui ne serait pas forcément une mauvaise affaire »

Laurent Wauquiez s’adressant à Gérard Larcher

Rappelons que cet individu est président par intérim du principal parti d’opposition, président d’une région vaste comme 1,5 fois la Suisse et parlementaire. Évoquer le décès du président de la république pour faire une boutade, voilà tout ce qu’a trouvé Laurent Wauquiez qui n’a de cesse de faire montre de son ambition démesurée.

Quant à Bruno Le Maire, il a déclaré au micro d’Europe 1 (voir la vidéo ci-dessous), n’avoir aucun respect pour François Hollande, coupable selon lui de ne pas avoir été la hauteur de sa fonction, d’avoir humilié la France (oui, rien que ça !)…

Laurent Wauquiez, qui méprisait ceux qu’ils considérait comme des assistés (voir mon billet Laurent Wauquiez : l’assistanat commence à 514 € par mois ) , a tenus des propos d’une indécente légèreté qui n’inspire que le mépris. Il me semble que lorsqu’on est un homme politique de premier plan – ce qui est le cas puisque Le Républicains ont jugé bon de le nommer président par intérim – on ne tient pas de tels propos. Gérard Larcher n’aurait d’ailleurs pas apprécié la blague…

Quant à Bruno Le Maire, qui pense incarner le renouveau – le renouveau, c’est Bruno ( non, ne riez pas) – pense inciter les français à voter en expliquant que François Hollande n’a pas été à la hauteur de sa fonction et qu’il a humilié les français.

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Loin de moi l’idée de l’empêcher de le penser mais force est de constater que les propos qu’a tenu Bruno Le Maire sont peu objectifs. D’autant que, malgré mes recherches, le candidat à la primaire de la droite et du centre n’a pas donné d’argument pour étayer ses propos. On attend autre chose de la part d’un homme qui aspire aux plus hautes fonctions.

Les observateurs déplorent l’absence d’homme d’état. Il semblerait qu’on en prend pas le chemin…

 

 

Sarkozy et les « Gaulois » : je retourne ma veste, toujours du bon côté

screenshot_2016-09-19-22-45-33-1Nicolas Sarkozy, qui comme chacun sait, est en campagne électorale permanente. Dans la quête perpétuelle des Républicains à nous chercher des racines, chrétiennes ou autres, Nicolas Sarkozy a décrété dans son discours de Franconville (Val-d’Oise) que « Nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigerons l’assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois. ».

Comment voulez-vous faire confiance à cet homme, dont le père était un immigré hongrois et dont le grand-père est né à Thessalonique en Grèce, et qui nous dit que nos ancêtres sont gaulois ?

Personnellement, je ne suis français que par rattachement de la Savoie des mes ancêtres paternels et par la naturalisation de mes grand-parents maternels. Si, le père de Nicolas Sarkozy ne lui a pas appris l’histoire de la Hongrie et son grand-père maternel celle de la Grèce, personnellement, je connais l’histoire de mes ancêtres. Cela ne m’a pas empêché de toujours me sentir français et de me mettre au garde-à-vous chaque matin lors de la montée du drapeau sur la place d’armes du 1er régiment de tirailleurs d’Épinal.

Mais ce qui est étonnant par rapports aux propos tenus par Nicolas Sarkozy, c’est qu’il tenait il y a quelques années des propos inverses.

Regardez la vidéo suivante :

En effet, en 2006, à Nîmes, il disait strictement l’inverse en précisant qu’à Nîmes, Perpignan, ou encore à Tunis ou Dakar, il n’y avait pas beaucoup de gaulois. Et Nicolas Sarkozy de citer Guillaume Apollinaire :

 

Qui sert bien son pays n’a pas besoin d’aieux

Guillaume Apollinaire (cité par Nicolas Sarkozy)

Voilà, dès lors qu’il s’agit de procéder à des manœuvres électorales destinées à se démarquer des multiples candidats à la primaire de la droite ou à draguer l’électorat du Front National, Nicolas Sarkozy est prêt à tout tant que les propos tenus correspondent à l’air du temps.

Je ne souhaite pas ça pour la France…

Sarkozy : un congrès tout sauf républicain…

Sarkozy congrèsCe samedi, s’est déroulé le congrès du R.P.R. de l’UMP, euh…des républicains…Rien d’extraordinaire à cela, me direz-vous, c’est le cours normal de la vie démocratique d’un pays mais le déroulement de ce congrès pose question. Entre les couacs durant ce congrès, l’agressivité exagérée du président, et deux jours après un meeting où Nicolas Sarkozy aurait fait passer Jean-Marie Bigard comme un monument de raffinement, le portrait de ce qui est censé représenter une alternative à la politique du gouvernement n’est guère reluisant.

Nicolas Sarkozy avait dit en 2012 que, s’il était battu le 6 mai 2012, il quitterait la vie politique. Par la suite, il a jugé qu’il était de son devoir de revenir. Soit. Non seulement il est revenu mais en plus, il a pris la tête de sa formation politique et vise sans s’en cacher la présidence de la république.


 

Mardi dernier, lors d’un meeting où Nicolas Sarkozy, président d’une formation surendettée, s’est rendu à 180 km de Paris en jet privé (voir mon dernier billet : Sarkozy, un aller-retour Paris-Le Havre à 3200 € les 70 minutes : le mépris dans toute sa splendeur), il s’est livré à une attaque à l’égard du président de la république.

Il appelé son successeur « Moi-je ». Non seulement il n’a manifestement pas digéré l’anaphore que lui a asséné François Hollande – Moi, président – mais on peut trouver cocasse que Nicolas Sarkozy donne ce surnom à François Hollande quand on sait que le principal trait de caractère de l’ancien président de la république est la haute opinion qu’il a de lui-même. L’égo surdimensionné de Nicolas Sarkozy l’a fait se prendre pour le général de Gaulle, tant l’Appel aux Républicains ressemblait à l’appel du 18 juin.

Appel républicains

Non seulement lors de ce meeting, il n’a pas présenté de véritable projet pour la France mais il a usé de qualificatifs désobligeants voire insultants comme « pas courageux », « sans convictions », « sans colonne vertébrale ». Lors du congrès, il a parlé de « terrifiante médiocrité » à l’égard de son successeur, oubliant avantageusement ce que les français ont pensé de son action à la tête de la France.

Puis des « couacs » ont émaillé ce congrès. Autant on peut comprendre que des voix puissent être discordantes au sein d’un parti, autant on ne peut que déplorer qu’Alain Juppé ou François Fillon aient été sifflés. Il aurait été préférable pour l’image de ce parti, de ne pas voir un bis repetita de la navrante élection du président de l’UMP de 2012. On peut également déplorer que les micros aient été coupés à la fin de l’intervention de Bruno Lemaire.

Le changement de nom est donc acté. Les militants et les personnalités des Républicains était dithyrambiques sur ce congrès, se gargarisant de ce moment fort dans la vie de leur parti. « Reconquête », « union », « renouveau » étaient les mots qu’on pouvait voir sur les réseaux sociaux. Mais il faudra un jour que le nom corresponde aux actes tant le spectacle que nous a présenté n’avait pas grand chose de républicain.

Sarkozy, un aller-retour Paris-Le Havre à 3200 € les 70 minutes : le mépris dans toute sa splendeur

Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a participé à un meeting au Havre, samedi dernier. Rien de scandaleux à cela. D’ailleurs, Jean-Christophe Cambadelis, son homologue socialiste – dont il a feint d’avoir oublié le nom dans son discours – était lui aussi en déplacement ce mardi. On peut supposer que le premier secrétaire du PS a emprunté le TGV Paris-Lyon pour faire ce déplacement. Cela n’a rient coûté au PS. M. Cambadelis étant parlementaire, il bénéficie de la gratuité du train. Or Nicolas Sarkozy a parcouru les 180 km qui sépare Paris du Havre avec un avion privé. Dans la séquence du Petit Journal, on apprend que c’est l’UMP qui a réglé la note.

Rappelons que l’UMP bénéficie du financement public. Les comptes de campagne du candidat Nicolas Sarkozy ayant été invalidé, cela a grevé de façon conséquence les finances de son parti. Le trésorier de l’UMP insistait récemment sur les difficultés que rencontrait le parti et incitait même les militants à emmener leur sandwich lors du congrès qui a lieu ce week-end.

On sera très loin des shows à l’américaine. On n’a pas le budget et ce ne serait pas compris par les Français.

Daniel Fasquelle,

Trésorier de l’UMP

On peut s’étonner que Nicolas Sarkozy n’ait pas emprunté des moyens de transport moins coûteux pour parcourir la distance entre Paris et Le Havre, sachant que la voiture et le train coutent l’un et l’autre une quarantaine d’euros. Dans la catégorie « excuse ridicule », le staff du président de l’UMP a invoqué des raisons logistiques – soit – mais également que le train ou la voiture serait des moyens de transports « fatigants ». Nicolas Sarkozy communique énormément sur son dynamisme. On est en droit de trouver cocasse que le sémillant M. Sarkozy trouve « fatigant » de passer deux heures dans un train. Et ce, après que l’UMP se soit mis vent debout contre la possible suppression de certaines lignes Intercités par la SNCF.

Au lieu de ça, l’UMP paie à son président un aller-retour Paris-Le Havre d’un montant équivalent à trois SMIC mensuels. Cela indique le mépris que l’ancien président fait montre à l’égard des français. On imagine que l’emploi du temps de Nicolas Sarkozy, qui n’a actuellement comme occupation que la présidence de l’UMP ne nécessitait pas le recours à un avion privé. En plus de ça, l’UMP, que les français financent en partie, est extrêmement endetté (on parle de 69 millions d’Euros). J’imagine ce que doit penser les militants qui ont dû mettre la main à la poche pour renflouer les caisses et qui voit son président dépenser 3200 € pour faire 180 km.

Et arrive le meeting havrais ! Comme le faisait remarquer Thierry de Cabarrus dans son billet du Plus, Nicolas Sarkozy n’a développé aucun programme préférant trainer amuser son auditoire par des effets de manche grossiers. Il appelle son successeur « Moi-je », n’ayant certainement pas digéré l’anaphore « moi-président », il fait mine de ne pas se souvenir du nom de son homologue socialiste Jean-Christophe Cambadelis. Ou il fait croire à son auditoire que François Hollande est derrière le recours visant à empêcher l’UMP de s’appeler « Les Républicains ».

Nicolas Sarkozy n’a pas changé. Hélas…