Marée populaire : un dépassement inadmissible

macron ssComme tout gouvernant dans une démocratie, Emmanuel Macron suscite l’opposition, notamment à gauche. C’est légitime, nous sommes en démocratie. Et c’est même salutaire que la vigilance reste de mise.

Seulement voilà, lors de récentes manifestations, cette opposition a pris des formes qui dépassent les limites de l’acceptable. Lors de la manifestation du 22 mai 2018, une sculpture à l’effigie d’Emmanuel Macron a été brûlée pendant la manifesttion parisienne.

Lors de la « marée populaire » du 26 mai est apparue une affiche représentant Emmanuel Macron en uniforme SS. Christophe Castaner a réagi sur Twitter en dénonçant « l’indécence, la haine et la bêtise la plus crasse ».

La France est un pays où on peut manifester librement, dans le cadre de la loi bien évidemment.   La caricature est autorisée. Nous étions tous Charlie en Janvier 2015. Mais, pour qu’un message passe, il faut être un minimum crédible. Quel être normalement constitué peut croire qu’Emmanuel Macron est d’extrême-droite ? De plus, cette caricature est un mélange d’allusion attisant la haine : Uniforme SS, lien avec le grand patronat, les grandes entreprises, drapeau israélien sur la manche…

macron ss.jpg

Le 22 mai, une effigie du Président de la République a été brûlée place de la Nation lors de la manifestation parisienne.

Ce qui relève d’une violence inouïe. Personnellement, je ne m’y ferai jamais. Au même titre que voir des drapeaux brûlés, cela amène une symbolique de destruction qui dépasse le simple message de volonté d’opposition à un gouvernement.

Alors, évidemment, je vois ça d’ici, on m’objectera que cette affiche est un acte isolé et la grande majorité manifestait de manière pacifique. Mais on retiendra qu’une affiche représentait Macron en SS et que la personne avait un autocollant de la CGT sur la poitrine…

Manifester. Oui. Mais plaçons-nous sur le terrain des idées.

 

Publicités

Francis Kalifat, la France Insoumise est la bienvenue à la marche blanche pour Mireille Knoll

KalifatMireille Knoll, cette femme de 85 ans, a été lâchement assassinée parce que juive. Elle avait échappé à la police de Vichy en 1942, quand le régime de Vichy avait organisé la rafle de 17000 juifs au Vél’ d’hiv’. Son assassinat a, à juste titre, provoqué l’indignation de la communauté française. Plusieurs associations antiracistes, le CRIF, l’UEJF, et de nombreuses formations politiques ont appelé à participer à une marche blanche en l’honneur de Mireille Knoll.

Francis Kalifat, président du CRIF, a cependant mis un bémol à cette unité nationale contre l’antisémitisme.

Screenshot_20180327-231217

Le président du CRIF a jugé que la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon n’étaient pas les bienvenus à cette marche.

Je n’ai jamais été débordant de sympathie à l’égard de Jean Luc Mélenchon. Je ne partage pas bon nombre de ses positions, en particulier les positions de la France Insoumise à propos d’Israël. Mais Francis Kalifat se trompe totalement quand il met dans le même sac les positions extrémistes du Front National et les positions parfois sectaires de la France Insoumise.

Mais il parait invraisemblable qu’on puisse se payer le luxe de se passer d’une unité nationale allant de la gauche à la droite républicaine. la lutte contre l’antisémitisme est l’affaire de tous. Certes les positions de la France Insoumise, notamment sur le conflit israélo-palestinien, sont sujettes à caution. Mais, que ce soit sur la question de la lutte contre le terrorisme ou la question de la lutte contre l’antisémitisme, la France Insoumise a répondu présent.

Mise à jour :

Le fils de Mireille Knoll, Daniel Knoll, n’est absolument pas sur la même ligne que Francis Kalifat.

« Les gens qui ont une mère peuvent me comprendre. Or, tout le monde à une mère. Le Crif fait de la politique et moi j’ouvre mon coeur à tout le monde. A tous ceux qui ont une mère. C’est insupportable de savoir qu’aujourd’hui en France quelqu’un peut mourir comme ça, de cette façon aussi affreuse. »

« Tout le monde peut venir à la marche blanche »

Daniel Knoll, fils de Mireille Knoll sur BFM TV

 

Je serai ce mercredi 28 mars au veilleur de pierre, Place Bellecour, à la marche blanche lyonnaise. J’espère y voir les militants de la France Insoumise.

Rauqel Garrido à la conférence de presse à Matignon : un curieux mélange des genres

Raquel Garrido est une des têtes d’affiche de la France Insoumise. Pendant les campagnes présidentielles et législatives, elle était la porte-parole du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Comme le veut la joute électorale, elle a été très virulente à l’égard de tous ceux qui ont le malheur de ne pas être d’accord avec elle. Rien de choquant par rapport à ça.

En juillet, l’animateur Thierry Ardisson dévoilé les noms des chroniqueurs qui participeront à la déclinaison dominicale de son émission « Salut les Terriens », « Les Terriens du Dimanche ». Là non plus, rien de choquant. Comme le rappelait Romain Blachier sur Facebook, Raquel Garrido est chroniqueuse et non journaliste. Ce qui ne l’empêche pas de participer à une émission tout en ayant une activité partisane. D’autres politiques ont d’ailleurs cette année comme Jean-Pierre Raffarin, Henri Guaino, et quelques autres.

Ce qui me pose problème, c’est que Raquel Garrido a obtenu une accréditation pour participer à la conférence de presse d’Édouard Philippe.

Comment peut-on un jour se présenter à Matignon comme Raquel Garrido, d’une émission de télévision et le lendemain

Il y a là un mélange des genres. De deux choses l’une : soit on est journaliste et on participe en tant que tel à une conférence de presse, soit on participe au débat démocratique. Certes de nombreuses personnalités sont passés de la politique au médias (Roselyne Bachelot,…) ou des médias à la politique (Noël Mamère, François Baroin, Dominique Baudis, …) mais le mélange des genres n’est pas souhaitable. Est-ce que Raquel Garrido, parfaitement identifiée « France Insoumise » posait sa question au nom de sa formation politique ou au nom du média qu’elle disait représenter à la conférence de presse d’Edouard Philippe et Muriel Pénicaud. On est en droit de se poser la question…

Les Insoumis : Allons nous être obligés de supporter ça ?

mélucheJe ne jamais eu beaucoup de sympathie pour Jean-Luc Mélenchon. Condescendance, agressivité, démagogie, irrespect : les dernières semaines m’ont hélas conforté dans cette opinion.

Dès son entrée dans l’hémicycle, galvanisé par la présence de caméra et entouré de sa garde prétorienne, il a aperçu le drapeau européen au dessus du perchoir de l’assemblée.

On est obligé de supporter ça ?

 » On est obligé de supporter ça ? ». C’est tout ce que cet individu a trouvé à dire à son arrivé au Palais Bourbon.

On peut aisément concevoir qu’il puisse être anti-européen mais sa remarque était grotesque. Jean-Luc Mélenchon a été député européen pendant 8 ans, on peut supposer qu’il a dû être confronté quasi-quotidiennement au drapeau bleu aux douze étoiles jaunes sans que cela le dérange. Mais la tentation de la démagogie était trop grande…

Et puis il y a eu l’élection du président de l’assemblée nationale. Lorsque Bernard Brochand, le doyen d’âge de l’Assemblée Nationale a proclamé la victoire de François de Rugy au perchoir, les députés de tous les bancs de l’Assemblée Nationale se sont levé pour applaudir le nouveau président. Les députés de la France Insoumise, n’ont pas jugé bon de féliciter François de Rugy. François Ruffin étant assis juste à côté du nouveau président, les caméras n’ont pas pu louper le député de la Somme les yeux rivés sur son smartphone.

ruffin de rugy

Même attitude de la part de Jean-Luc Mélenchon.

méluche

Côté vestimentaire, les Insoumis se sont fait également remarquer. Passe encore l’absence de cravate. Mais, on aurait pu éviter les baskets Converse dans l’hémicycle. Ils ont beau être insoumis, un minimum de tenue est exigée.

insoumis converse

Il y avait des sans-culotte, il y aura maintenant des sans-cravate

Jean-Luc Mélenchon

Bref, on a beau s’autoproclamer « Insoumis », on peut avoir un minimum de respect des institutions politiques. Mais la médiatisation de ce mouvement, la nécessité de continuer à exister après la déferlante « En Marche », la nature populiste de Jean-Luc Mélenchon ont fait le reste. Et depuis, les députés de la France Insoumise nous offre ce spectacle navrant…