Jean-Luc Mélenchon dépasse les bornes

melenchon_france_insoumiseJean-Luc Mélenchon, dans une réunion publique à Marseille, a accusé Bernard Cazeneuve, de s’être « occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse ». 

Fort logiquement, celui qui était ministre de l’intérieur en 2014 quand une grenade a tué un manifestant de la ZAD de Civens a porté plainte contre le candidat de la France insoumise.

Il est de notoriété publique que Jean-Luc Mélenchon, habile tribun, multiplie les effets de manche dans ces meetings, qu’il apparaisse en chair et en os ou virtuellement via un hologramme. Il a bâti son ascension politique sur cette brutalité, cette agressivité. Et comme il a une très haute opinion de lui même, il est convaincu d’avoir raison.

Que ces propos soit peu amènes à l’égard du président et du gouvernement, que ce soit l’actuel ou le précédent, nous y sommes habitués. Mais là, JLM ne peut pas tenir de tels propos. On peut comprendre qu’il considère que le ministre de l’intérieur porte une responsabilité dans ce drame mais on ne peut pas imaginer une seule seconde que Bernard Cazeneuve ait pu commanditer cet « assassinat » (Je laisse à JLM qualifier la mort de Rémi Fraisse comme il veut). Sans parler de la famille Fraisse qui doit assez peu apprécier que la mort de Rémi soit utilisée à des fins électorales.

Nous avons assisté à l’évolution populiste de Jean-Luc Mélenchon depuis quelques années. Même s’il s’en défend, son évolution est similaire à Marine Le Pen. Pendant la campagne des présidentielles, peu importait que leurs programmes respectifs soient coûteux et creusent les déficits. Même défiance à l’égard de l’Europe ou des organisations internationales comme l’Otan.

Et puis, encore convaincu de son bon droit, Jean-Luc Mélenchon s’est parachuté dans la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône. Sénateur de l’Essonne jusqu’en 2010, il s’est présenté aux législatives en 2012 face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais, puis aux Européennes dans la circonscription du Sud-Ouest.

mélenchon

JLM a évacué d’un revers de la main sa nouvelle implantation électorale en répondant que « les circonscriptions n’appartiennent à personne ». Dont acte. Si il ne voit pas le problème de changer trois fois en sept ans d’implantation électorale, tant pis pour lui. Ce sera aux marseillais de juger… Et son plus fidèle lieutenant, Alexis Corbière justifie autrement l’arrivée de JLM dans les Bouches-du-Rhône :

corbière

Son dérapage populiste, son attitude à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, son parachutage dans les Bouches-du-Rhône pour les élections législatives, vont conduire – si ce n’est pas déjà fait – à son isolement politique. L’avenir nous le dira…

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5 ans de remarques sexistes à l’égard de Brigitte Macron ?

brigitte Macron« Napoléon, Macron, ils sont tous les deux gérontophiles. Eric Brunet, éditorialiste à RMC et BFM TV, a fait une énième plaisanterie sur la différence d’âge entre Brigitte et Emmanuel Macron. Sébastien Chenu, porte-parole du Front National, a été le seul sur le plateau à prendre la défense du polémiste. C’est dire ! Même Laurent Baffie, volontiers mordant, n’a pas apprécié la sortie d’Eric Brunet. De nombreux hommes politiques de premier plan ont une femme (beaucoup) plus jeune qu’eux. Cela passe complètement inaperçu et il est heureux qu’il en soit ainsi.

Mais, alors que la première dame a vingt-quatre ans de plus que son président de mari, cette différence d’âge a été mise en lumière, générant malheureusement des moqueries ou plaisanteries plus ou moins subtiles. Et faire ce type de remarques est sexiste.

Emmanuel Macron aura lors du prochain G8 face à lui un président américain qui a 24 ans de plus que sa femme. Un ministre de premier plan a une trentaine d’années de plus que sa femme. Ni l’un ni l’autre ne subissent les railleries que subissent Emmanuel et Brigitte Macron.

Notre société a visiblement fort à faire pour l’image de la femme. Il est mal vu qu’un homme gagne plus que sa femme, qu’un homme ait une position sociale moins avantageuse que sa femme et dans le cas qui nous préoccupe, qu’un homme soit plus jeune que sa femme.

Alors, la question est de savoir si nous allons subir pendant cinq ans les plaisanteries plus ou moins douteuses sur la différence d’âge entre Brigitte et Emmanuel Macron. Il est à espérer que non. Dans le cas contraire, le ministère du droit des femmes a de beau jours devant lui tant qu’on aura besoin d’un ministère afin d’assurer l’égalité des droits entre hommes et femmes.

Brigitte et Emmanuel Macron ont 24 ans d’écart ? Et alors ? Cela ne nous regarde pas. Sont-ils heureux ? Ça aussi, cela ne nous regarde pas…

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Le racisme à visage découvert…ou pas

Aristide Briand

Affiche de l’école Aristide Briand, Lyon 7ème (avec l’aimable Autorisation de Zorah Ait-Maten)

Dans chaque école lyonnaise, un trombinoscope est affiché pour présenter aux parents d’élèves  leur représentants au conseil d’école. Ce mardi matin 2 mai 2017, les parents qui amènent leur enfants à l’école Aristide Briand dans le septième ont eu la mauvaise surprise de voir la photo de certains parents barrée d’une croix. Qu’ont en commun ces parents ? Ils ont un nom à consonance maghrébine. De plus, ceux qui ont écrit ces propos racistes maltraite l’orthographe de la langue de ce pays qu’ils disent défendre

La présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle a manifestement désinhibé les esprits. L’éventualité que l’extrême-droite accède au pouvoir n’a jamais été aussi plausible. Peu importe pour les auteurs de savoir si ces personnes sont de nationalité française ou pas, le simple fait d’avoir un nom qui ne sonne pas « français » promet à ces familles un aller simple pour Casablanca, Alger ou Tunis…

De la même façon, Azzedine Ahmed-Chaouch, un journaliste français d’origine algérienne, interrogeait un sympathisant de Jean-Marie Le Pen. Celui-ci, qui s’est avéré être un membre de Dissidence Française, un groupuscule ultra-nationaliste, fasciste et populiste. Le journaliste demande au militant d’extrême-droite quel est son idéal de société. Celui-ci lui répond que « C’est une France qui redevienne chrétienne et virer les étrangers qui ne travaillent pas, qui ne sont pas assimilés. Je suis contre le métissage à part si c’est du métissage européen. ». Dans la suite de la conversation, le journaliste se fait traîter de « Bougnoule ».

Dans une autre vidéo, Jean-Benoît Diallo, humoriste franco-sénégalais entame une discussion impromptue avec Thomas Joly, secrétaire général du parti de la France, parti dissident du FN crée par Carl Lang. Celui-ci explique son point de vue, faisant un amalgame entre migrants et immigration…

Tous ces exemples de la haine ordinaire montre à quel point notre société est sclérosée par les idées nauséabondes. Dès lors, pour nous tous qui avons une haute idée de la démocratie et de la république, nous avons un devoir de voter pour le candidat qui, quoiqu’on puisse penser de lui, défend des idéaux démocratiques et républicains.

L’économiste Isabelle This Saint-Jean ne dit pas autre chose : « Mais il est dès à présent, une ligne incandescente qu’il nous faut tracer. Celle qui permettra ces débats. Celle de la démocratie et de la République. Celle qui nous sépare donc de l’extrême droite. »

Mais il est dès à présent, une ligne incandescente qu’il nous faut tracer. Celle qui permettra ces débats. Celle de la démocratie et de la République. Celle qui nous sépare donc de l’extrême droite.

Isabelle This Saint Jean

Ceux qui tergiversent en arguant qu’Emmanuel Macron ne correspond pas à leur opinions porteront une grave responsabilité si Marine Le Pen fait un score important ou, pire, si elle est élue…

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Lettre ouverte à Jean Paul Regnault, membre Les Républicains de Villeurbanne

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Image Lyon Mag

Monsieur Regnault,

Je lis vos publications sur le réseau social Facebook. Vos opinions politiques sont opposées aux miennes, ce qui est l’exercice normal de la démocratie. Je comprends aujourd’hui que vous n’ayiez pas pour Macron une immense sympathie. Mais je considère qu’aujourd’hui, vous avez franchi la ligne jaune. Voici l’objet de ma colère :

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Vous avez publié ce dessin à 14 h ce mardi 25 avril 2017. Trois heures avant, le président de la république, le premier ministre, le ministre de l’intérieur et de nombreux membres de corps constitués ont prononcé un hommage vibrant à ce policier qui a donné sa vie pour protéger des gens comme vous et moi.

Je suis glacé d’effroi par le fait que vous n’ayiez pas imaginé que le jour n’était pas le moment le mieux choisi pour faire ce genre d’humour. Emmanuel Macron et d’autres responsables politiques ont eu la dignité que vous n’avez pas eu en publiant ce dessin sur votre mur Facebook. Parmi eux figurait de nombreux élus de votre formation politique :  Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher,…

Je veux bien comprendre que l’heure est à la campagne électorale. Pour avoir milité pendant de nombreuses années dans un parti politique dont quelques années à Villeurbanne, je sais que le combat politique est parfois rude et que tout est sujet au débat démocratique.

Mais il y a des moments où le débat démocratique doit faire une pause. L’hommage de toute une nation à ce policier mort dans l’exercice de son devoir méritait autre chose que ce dessin à l’humour douteux. Vous qui avez été candidat pour l’UMP à des élections locales ne pouvez pas l’ignorer. Vous me répondrez surement par la célèbre phrase de Pierre Desproges – On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui – mais les circonstances de cette journée solennelle faisait que, selon moi, nous devions tous être à la hauteur de cette homme qui d’une manière sacerdotal a donné sa vie pour notre sécurité.

Permettez-moi de vous dire qu’aujourd’hui, vous avez été en dessous de tout.

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C’était le 21 avril…

21-avril-2002-chirac-le-penIl y a 15 ans, la France découvrait le visage des deux qualifiés pour le seconde tour des élections présidentielles. Romain Blachier qui a également écrit un billet sur ce qui a été un choc pour beaucoup d’entre nous (cliquez ici pour lire son billet) ne m’en voudra pas d’écrire ce billet.

En avril 2002, j’allais avoir 30 ans. Je vivais à Valence dans la Drôme. Je militais dans la section socialiste de cette ville. Je me souviens d’un tractage au marché du quartier populaire de Fontbarlettes. A court de tracts, je proposais à mes camarades d’aller chercher d’autres tracts à la fédération de la Drôme. Là-bas, j’échangeais avec Colette, une des permanentes qui me posa la question : « Tu imagines, Olivier, si nous n’étions pas au deuxième tour ? ». Je lui répondais que je n’imaginais pas un seul instant que la gauche puisse ne pas être qualifiés pour le second tour. Nous n’avions pas de mauvais retour sur notre campagne. Et la fois précédente où la second tour opposait deux candidats de droite, c’était en 1969 et…je n’étais pas né.

Le 21 avril, comme beaucoup de camarades, j’étais assesseur dans un bureau de vote. Le dépouillement de mon bureau donna le même résultat qu’au niveau national. Mais je ne le savais pas encore…Je rencontrai à 19 h 45 plusieurs amis dont mon vieux copain Ivan Flaud qui m’ont confirmé que le résultat était le même partout.

Deux jours plus tard, j’intervenais en réunion de section pour essayer de convaincre les indécis de voter Jacques Chirac…

J’avais déjà dû voter à droite en 1993. Lors des législatives, le second tour opposait un candidat proche du Parti Républicain à un candidat du Front National. 5 ans plus tard, membre du collectif fédéral puis animateur fédéral du MJS, je participais aux manifestations pour dénoncer l’élection du président de la région avec le concours des voix du Front National.

Nous avions, nous, peuple de gauche, trop longtemps pensé qu’il suffisait de dire que le Front National était un parti raciste pour dissuader les français de voter Front National. Même si nous sommes revenu de cette stratégie, le Front National recueille encore à chaque élection de nombreux suffrages. A nous de faire en sorte que la peste brune ne perdure pas dimanche…

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Travailleurs, Travailleuses, Lutte Ouvrière et la république, ça fait deux !

ArthaudAprès l’arrestation de deux présumés terroristes, les autorités françaises ont fait savoir que des candidats à l’élection présidentielle étaient visés par des projets d’attentat. Jean-Luc Mélenchon, lors d’un meeting, a exprimé sa solidarité républicaine à François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Invité de l’émission C à vous sur France 5, Nathalie Arthaud, candidate du mouvement trotskiste Lutte Ouvrière, a refusé d’exprimer sa solidarité à Fillon et Macron.

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Pendant la campagne de 2012, frappée par la tuerie de Toulouse et Montauban, il y avait eu une courte période d’unité nationale puisque quelques candidats avaient assisté avec le président de la république à l’hommage de la nation, histoire de formaliser le rassemblement de la nation autour d’une même cause : la lutte contre le terrorisme.

Le soutien à Macron et Fillon, c’est pas mon truc !

Nathalie Arthaud

Au lieu de ça, Nathalie Arthaud a déclaré que « le soutien à Fillon et Macron, ce n’était pas son truc ! » (sic). Autant, si cette femme n’a que du mépris pour les candidats qui ont le malheur de ne pas être de son avis, autant ça ne lui aurait pas tuée d’assurer le service minimum et d’exprimer sa compréhension à l’égard des menaces dont sont victimes des candidats à ce moment fort de notre démocratie.

J’avais eu l’occasion d’assister en 1995 à un meeting d’Arlette Laguiller à la Bourse du Travail à Lyon. J’avais pu constater à quel point ce parti sur le fond pouvait être affreusement caricatural. Quant à la forme, on a pu constater lors de cet échange télévisuel à quel point, il ne fallait pas compter sur eux pour avoir un semblant d’esprit républicain et que ce serait une catastrophe si ces gens arrivaient au pouvoir.

 

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Wauquiez quitterait la région : et le repsect de la parole donnée ?

460x345_wauquiez-mediaSelon l’hebdomadaire Le Point, Laurent Wauquiez, député de la première circonscription de la Haute-Loire et Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, songerait à renoncer à la présidence de la Région en cas de victoire de Macron. En effet, il s’estime plus utile au Palais Bourbon si le candidat En Marche est élu le 7 mai.

J’ai eu l’occasion de déplorer sur ce blog que le président d’une région aussi vaste que l’Irlande et plus peuplée que la Bulgarie, à l’instar de Carole Delga, Alain Rousset, – qui sont avec Laurent Wauquiez les présidents des trois régions métropolitaines les plus vastes – ainsi que Bruno Retailleau ou Jean-Yves le Drian, conserve son mandat de parlementaire.

Mais ce n’est pas mon propos du jour. Cela me pose un problème qu’un élu de la République n’aille pas au bout de son mandat. Si les Auvergnats et les Rhônalpins ont élu Laurent Wauquiez à la Région, ce n’est pas pour qu’il lâche cette responsabilité après avoir accompli moins le quart de son mandat.

C’est d’autant plus consternant que Laurent Wauquiez n’en est pas à son coup d’essai. Maire sortant du Puy-en-Velay, il remporte les élections municipales de 2014. En décembre 2015, chef de file des républicains en Auvergne-Rhône-Alpes, il remporte les élections régionales et se fait élire dans la foulée président de cette nouvelle grande région. Député de la Haute-Loire, Maire du Puy et Président de Région, il est sommé par le principe de non-cumul des mandats de renoncer à un de ses mandats. Il décide de démissionner de la mairie après 671 jours de son second mandat.

Dans une période où la parole politique est souvent mis en doute, il pourrait paraître normal qu’un élu qui s’est engagé à accomplir un mandat, le remplisse jusqu’au bout. Les habitants de Valence avait eu la même surprise lorsqu’en 2004, leur maire, Patrick Labaune, avait renoncé à mi-mandat à son mandat de maire pour siéger comme conseiller régional d’opposition où il a brillé par sa discrétion.

L’opinion déplore suffisamment que ses élus sont des professionnels de la politique. Voir ces élus disposer de leur(s) mandat(s) comme bon leur semble ne va pas améliorer le jugement qu’on porte sur notre classe politique…

 

 

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