France – RFA 1982 : un match pour l’histoire

France rfaCe 8 juillet 1982, 22 joueurs entre sur le terrain du Stade Ramón Sánchez Pizjuán, à Séville en Espagne. Ils ne le savent évidemment pas encore mais ils vont disputer un match qui restera dans l’histoire du football. En effet, cette demi-finale de la coupe du monde 1982 France – Allemagne de l’Ouest a marqué à tout jamais les esprits. Toute la dramaturgie que peut nous apporter un match de football s’est retrouvée lors de cette rencontre.

Les Bleues arrivent en demi-finale après un premier tour peu convaincant. Cueilli par les anglais 3-1 lors du premier match, une victoire 4-1 contre le Koweït et un nul contre les tchécoslovaques. Face à eux, les allemands ont déroulé malgré une défaite lors du premier match contre l’Algérie.

Les allemands dominent le début de match et concrétisent leur domination en marquant un but à la 17ème minute par l’intermédiaire de Pierre Littbarski. Mais les français ne se laissent pas abattre. A la 27ème minute, Bernd Forster ceinture Rocheteau dans la surface de réparation et l’arbitre siffle un penalty transformé par Michel Platini. Ce sera le dernier but marqué dans le temps réglementaire.

A la 50ème minute, Bernard Genghini, une des composantes du « carré magique » avec Platini, Giresse et Tigana, s’est blessé à la fin de la première mi-temps et sort sur blessure. Il est remplacé par son coéquipier de l’AS Saint-Etienne, Patrick Battiston. A la 60ème minute, c’est le tournant du match. Michel Platini, fait une ouverture lumineuse pour Battiston. Le portier allemand ne se soucie guère du ballon et sort de ses cages et percute avec sa hanche le visage du français qui perd trois dents dans le choc.

Il sortira inconscient sur civière, Michel Platini lui tenant la main. pendant ce temps-là, Schumacher,avec une inconsciente désinvolture, ne trouve rien de mieux que de provoquer le public français placé derrière les buts allemands

Battiton civiere

Piqués au vif par « l’attentat » (merci de noter les guillemets) de Schumacher sur Battiston, les français se montrent très pressants mais sans concrétiser. S’ouvrent alors les prolongations qui débutent sous les meilleurs auspices pour l’équipe de France qui prennent l’avantage par un but de Marius Trésor. Six minutes plus tard, Didier Six, excentré, adresse une passe à Alain Giresse, qui décroche un tir. Le ballon finira au fond des filets après avoir touché les poteaux.

giresse

Les français mènent alors 3 buts à 1 et s’imagine déjà en finale contre l’Italie qui s’est qualifiée quelques heures avant au Camp Nou de Barcelone. Malheureusement, Rummenige, la 103ème minute et Fischer à la 108ème vont doucher les espoirs de finales de français.

Et, ce qui devait arriver arriva. Pour la première fois dans l’histoire de la coupe du monde, un match va se jouer aux tirs aux buts. Si les deux premiers tireurs de chaque equipe transforme leur penalty, la France prend l’avantage lorsque Uli Stielike voit son tir stoppé par Ettori. Alors qu’il est consolé par Pierre Littbarski, « Toni » Schumacher arrête le tir de Didier Six (seul joueur français évoluant en Allemagne). Ensuite, Littnarski puis Rummenige, côté allemand,et Platini, côté français, transforment leur tir aux buts. C’est alors que de tir de l’un des meilleurs français, Maxime Bossis est arrêté par Schumacher. Horst Hrubesch transforme et l’Allemagne est en finale.

A la sortie du terrain, un journaliste indique à Schumacher que Battiston a trois dents cassées. Le portier de la Mannschaft répondra avec la désinvolture qui irritera les français :

« Dann zahl’ ich ihm seine Jacketkronen! » – « Eh bien, je lui paierai ses couronnes ! »

Harald « Toni » Schumacher, à la fin du match

S’en suit un emballement médiatique, Schumacher et les allemands sont traités de SS, la presse française parle de « Troisième guerre mondiale »

Le lendemain, Helmut Schmidt, le chancelier allemand dira :

« Das Gottesurteil, das jedem Zweikampf getreu den klassischen Mythen eigen ist, hat es gewollt, daß das Glück im Spiel auf die deutsche Seite fiel. Wir fühlen mit den Franzosen, die den Sieg ebenso verdient hatten wie wir. »

« Le jugement de Dieu qui, selon la mythologie classique, est propre à chaque duel a voulu que la chance, dans ce match, échoie au camp allemand. Nous sommes de tout cœur avec les Français qui méritaient la victoire tout autant que nous. »

Helmut Schmitt, Chancelier allemand, le 9 juillet 1982

Dans un souci d’apaiser la situation, Helmut Schmidt et François Mitterrand publieront un communiqué commun.

La dramaturgie de ce match tient en ce que les supporter français ont connu en un match toutes les émotions que peuvent connaître un supporter devant un match de football : l’excitation de mener, l’inquiétude pour un de ses meilleurs joueurs blessé, puis la désillusion de la défaite. Ce match sera assurément un match pour l’Histoire.

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