Allemagne : il y a vingt-cinq ans

berlin 91189En 1985, j’étais alors confronté au choix de chaque collégien, à savoir le choix d’une deuxième langue vivante. Au lieu de choisir, comme 80 % de mes camarades l’espagnol, j’ai choisi l’allemand. Dans l’imaginaire collectif, la langue espagnole évoque la sangria, les fêtes nocturnes dans les grandes villes, etc… D’un autre côté, l’Allemagne évoque plutôt une langue qui se hurle en tapant un talon contre l’autre, des villes industrielles, des Blockhaus lors de nos promenades dominicales et un petit brun moustachu. Ma famille n’a pas vraiment accueilli mon choix avec enthousiasme. Il faut dire que l’Allemagne ayant occupé les pays d’origine de mes parents – la France et la Tunisie – et que ma mère est issu d’un peuple que l’Allemagne nazie souhaitait éradiquer de la surface de la planète.

J’ai donc appris l’allemand et sa civilisation. J’ai fini par me passionner pour ce pays que j’ai appris à connaître et aimer. Et en juin 1989, j’ai eu le plaisir de passer deux semaines dans une petite ville de Forêt-Noire, Endingen-am-Kaiserstuhl. C’était encore l’époque de la RFA. Nous suivions alors les évènements qui se passaient place Tien an Men sans se douter bien évidemment du bouleversement qu’allait connaître notre continent quelques mois plus tard.

En effet, en novembre 1989, il fallait écarquiller les yeux pour croire ce qui ce qui était en train de se passer à Berlin et j’avais envie de prononcer les mots que John Fitzgerald Kennedy prononça à Berlin : « Ich bin ein Berliner ! »

Ich bin ein Berliner

Et comment ne pas être ému quand Mstislav Rostropovitch interpréta le prélude de Bach devant le mur qui fut le symbole de l’oppression d’un régime qui l’a lui-même répudié.

Ironie du sort, ces images datent du 11 novembre 1989, date qui a mis fin à un conflit mais qui préfigura une paix mal faite qui aura pour conséquence l’avènement du nazisme en Allemagne puis la guerre froide…

Bien sûr, aujourd’hui, tout n’est pas parfait. Mais cette ville qui symbolisa la barbarie qu’ait connu l’Europe pendant la seconde guerre mondiale puis ensuite la guerre froide qui sépara en deux la planète, est aujourd’hui le symbole d’un continent en paix. L’histoire est avide d’image symbole. Nous avions eu les images du traité de l’Élysée de 1963 ou le chancelier Konrad Adenauer et le général de Gaulle ont scellé la réconciliation franco-allemande. Nous avons eu en 1970, la fameuse génuflexion de Willy Brandt, alors chancelier Allemand, au mémorial du ghetto de Varsovie puis en 1984, les dirigeants français et allemand, François Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main sur les lieux de la plus grande boucherie du XXème siècle que fut la bataille de Verdun.

TraiteElysee-15c17brandt

 

 

 

 

 

 

 

 

Kohl-und-Mitterand1

Pour ne pas être taxé d’angélisme, je ne passerai pas sous silence les épisodes dramatiques de la fin du siècle dernier que furent Timisoara, les évènements de l’ex-Yougoslavie ou, au vingt-et-unième siècle, l’Ukraine , mais la chute du mur de Berlin puis la réunification allemande dont on fêtera le 3 octobre prochain les 25 ans préfigure l’espoir d’un continent de paix.

 

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