La Maire de Lille suspend son jumelage avec une ville israélienne : ça me désole !

aubryLundi dernier, le conseil municipal de la ville de Lille a adopté une résolution mettant entre parenthèse le jumelage entre Lille (Nord) et la ville de Safed en Israël (Haute-Galilée).

«La décision de mettre en veille temporairement nos relations institutionnelles avec la ville de Safed a été prise en majorité municipale.[…] [Cette décision accompagne] des initiatives prises notamment par le parlement européen pour réclamer le gel des accords privilégiés avec Israël afin de faire pression (…) sur le gouvernement et accélérer la résolution du conflit»

Marie-Pierre Bresson, adjointe (EELV) chargée de la coopération internationale, lors d’une réunion, lundi soir, du conseil municipal.

En général, Martine Aubry, maire de Lille, fait preuve de pondération dans ses décisions. Dans ce cas précis, j’avoue que les bras m’en tombent. Comme je l’ai répondu à une vielle connaissance sur Twitter (@hadjdejannas), il me semble que le conflit israélo-palestinien est beaucoup trop complexe pour en faire des commentaires simplistes et forcément réducteur. La réponse fut laconique : « Je ne parle pas aux sionistes. Bonsoir. »

D’abord, on peut se s’interroger sur l’impact de cette décision. On se doute que le gouvernement n’a que faire de voir la 55ème plus grande ville d’Israël lâchée par la 10ème ville française. Et comme le rappelait Fabrice Métézeau sur France Culture, que je vous propose de réécouter ci-dessous, si Gideon Lévy, éditorialiste israélien de gauche, considérait Safed, comme la ville la plus raciste d’Israël, c’est dû à l’attitude jusqu’au-boutiste de rabbins ultra-orthodoxes.
http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4928786
Ensuite on peut se questionner sur cette décision qui ne satisfait personne. Le jumelage Lille-Safed est interrompu. Cela mécontente les pro-israéliens. Il n’est QUE interrompu. Cela mécontente les associations pro-palestiniennes. Quitte à prendre une décision, autant qu’elle soit nette plutôt qu’une décision censée ménager la chèvre et le choux.

Le timing pose question. Un accord de cessez-le feu a été signé le 26 août et la décision du conseil municipal de Lille intervient…le 6 octobre. Un mois et demi après l’arrêt du conflit. Pourquoi cristalliser des tensions si longtemps après. Je revoyais il y a peu les images des affrontements de cet été à Sarcelles, ou vivait une partie de ma famille. Je me dis qu’il est imprudent – doux euphémisme – de jouer avec le feu avec les tensions latentes qui perdurent entre les communautés.

En d’autres termes, ce type de décisions revient à penser qu’on peut faire tomber la fièvre en cassant le thermomètre…

Publicités
Cet article, publié dans Politique, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s